Vendredi 25 mai 2007
La visibilité de plus en plus grande de la darija dans le paysage urbain et médiatique est-elle l’indice d’une réconciliation des Marocains avec eux-mêmes ?
Image Témoigne-t-elle d’une revendication d’une identité aux composantes multiples ? Une Darija envisagée sans complexe est source d’énergies créatives. Cette langue, qui a beaucoup évolué au cours du XXème siècle, n’est-elle pas le  principal véhicule de notre patrimoine culturel ?
La darija n’est plus seulement la langue du peuple. Elle est revendiquée partout et par tout le monde. A commencer par la nouvelle scène musicale, celle des Bigg, Darga et Hoba Hoba Spirit. Pour les représentants de cette nouvelle vague, la darija s’impose tout naturellement. «On s’adresse à un public marocain. C’est donc tout naturellement que l’on écrit nos paroles en darija. Les jeunes Marocains ne maîtrisent pas l’arabe classique, ni le français et l’anglais d’ailleurs. La darija, c’est notre langue de communication», explique Nabyl, membre de la formation de fusion Darga. Même son de cloche chez toute cette jeunesse qui chante le Maroc dans tous ses états en utilisant la “langue de la rue”. Le phénomène ne se limite pas à cette “new wave” made in Morocco. La presse aussi s’adresse de plus en plus à son public en utilisant la darija. Les chaînes de radio, surtout privées, ont senti le filon et réservent une place de choix à cette langue. “Radio Casa FM” doit son succès aux “talkshows” de ses animateurs vedettes qui utilisent exclusivement la darija comme outil de communication avec leurs auditeurs. Des sites Internet communiquent les informations en darija et proposent même des dicos darija-français comme sur marocdarija.com ou sur d’autres sites comme casafree.com, tikchbila.com ou bladi.net. L’échange de SMS par téléphone portable a également favorisé une plus grande communication en marocain en caractères latins et a lancé l’utilisation des chiffres 3, 7 et 9 pour des lettres arabes sans équivalent dans l’alphabet latin. Une utilisation aujourd’hui généralisée. Idem pour l’outil  Internet “messenger” qui permet aux jeunes de communiquer en darija, en trouvant spontanément des solutions à la question, jamais fixée officiellement, de la notation. Plus encore, une simple recherche sur le site de partage de vidéos “Dailymotion.com” montre l’étendue du phénomène darija. On y retrouve des films “dubbed” en darija comme Matrix, Mr Bean, un Jacky Chan s’exprimant en marocain et des films hindous, bien sûr en darija.
Le phénomène a pris tellement d’ampleur que des colloques spécialisés se sont penchés sur la place de la darija dans la société marocaine. Le mois dernier, des chercheurs venus de France, d’Algérie, du Liban et du Maroc et l’association EAC L’Boulvart se sont penchés sur le thème “Langues et musiques, pratiques urbaines plurielles”. Histoire de décrypter ce phénomène qu’est la darija.
La darija est donc plus visible, revendiquée partout. Une question se pose alors. Est-ce que le phénomène est si nouveau que ça ? Et de quelle darija parlons-nous ?
Simon Lévy, linguiste et directeur du Musée du judaïsme marocain, juge que cette situation n’est nullement nouvelle. Il nous rappelle à juste titre que la création artistique a été faite en darija pendant plusieurs siècles. «Le zajal, le malhoun, ce sont des expressions artistiques qui se sont toujours faites en darija», explique M. Lévy. Zhor Rehihil, conservatrice au même musée, ajoute que, «depuis le XIème siècle, les juifs écrivaient en judéo-marocain. On a des textes rédigés par des rabbins qui sont des descriptions de la vie politique, religieuse, économique des communautés de Rabat, Fès… Ce sont des textes en darija écrits en caractères hébraïques». Quant à l’histoire récente, elle témoigne d’une présence assez fournie de la darija. La création théâtrale, par exemple, a puisé dans le registre du malhoun pour présenter un art dramatique dans une darija colorée et sophistiquée. Ahmed Tayeb Laâlej et Tayeb Saddiki ont présenté des pièces à succès d’ailleurs, tout en darija. Idem pour les chantres de ce qu’on nomme la “chanson marocaine moderne” qui ont prêté leur voix à des textes en langue marocaine, à l’image d’un Mohamed Hayani, Mohamed Fouiteh ou Abdelwahab Doukkali. Les années 1970, avec les Nass Ghiwane, Jil Jilala et Lemchaheb, en continuité de la création théâtrale, vont chanter le malhoun notamment, donc en darija. Une certaine presse satirique des années 1980, à l’image d’“Akhbar Souk”, publiera articles et caricatures en darija. Dans le registre de la langue, il y a donc eu continuité linguistique au niveau de la création artistique.
Qu’est-ce qui fait alors la différence entre tous ces créateurs d’antan et les H-Kayne, Bigg et compagnie d’aujourd’hui ? Tout porte à croire que la rupture est plus dans le volet contestataire de cette jeunesse urbaine que dans la langue. D’ailleurs, nos jeunes branchés n’hésitent pas à s’inscrire dans l’héritage direct des tenants marocains de la “protest song”, et à leur tête les Nass El Ghiwane.

Revendication d’une identité plurielle
Ce qui a changé ? C’est qu’aujourd’hui les Marocains assument la totalité des composantes de leur culture et revendiquent une identité plurielle.ImageA commencer par la pluralité linguistique. Depuis plusieurs années, le tamazight s’est vu reconnaître une place, malgré les lenteurs : il est enseigné dans le primaire et un institut de recherche spécialisé, l’Institut royal de la culture Amazighe (IRCAM), a été créé. D’un autre côté, on s’intéresse de plus en plus à la part juive de la culture marocaine. Le Musée du Judaïsme marocain de Casablanca, fondé en 1977, joue un rôle important dans ce sens.
Par ailleurs, et c’est le plus important, on est sortis des idéologies en vigueur durant la période de l’Indépendance, héritées du mouvement nationaliste. Celui-ci avait pris pour référence la Nahda égyptienne du début du XXème siècle (Mohammed Abdou et Jamaleddine El Afghani) et prônait le recours à une langue arabe modernisée, afin de s’opposer à la langue du colonisateurs français et, sur le plan interne, de lutter contre des structures archaïques (comme les zaouia la domination des chorfa, des grands Caïds, etc.).  Il proposait donc une modernité monolithique qui rejetait la pluralité comme un risque de dispersion. Par la suite, il y a eu une crispation sur l’arabisme en réaction à la politique de Hassan II qui jouait sur la diversité, notamment pour rallier les milieux ruraux au makhzen.
Aujourd’hui, avec la fin des idéologies, le français n’est plus considéré comme une langue transitoire dont il faudrait se débarrasser : il s’est au contraire imposé comme une langue indispensable pour les études et le travail. L’anglais aussi, d’ailleurs, dans une moindre mesure. Quant au rapport entre darija et arabe classique, il s’est décomplexé. On ne considère plus darija comme une langue par défaut, symbole d’analphabétisme et d’arriération, qui devrait être remplacée par une langue idéale, l’arabe classique modernisé. Il faut rappeler qu’en 1963, Mohammed El-Fassi, recteur de la Faculté des Lettres de Rabat, proposait d’élaborer des «glossaires pratiques du type… dites, ne dites pas… destinés à faciliter le passage de l’arabe marocain à l’arabe classique»… Et surtout, on la considère de plus en plus comme une langue, ce dont les linguistes étaient du reste convaincus depuis longtemps. Simon Lévy, lui, estime qu’«opposer une langue et un dialecte est, d’un point de vue linguistique, une absurdité. Tout ce qui forme système et se parle est une langue». Les variations régionales, même grandes, sont aussi le fait de toutes les langues. Les niveaux d’expression, quotidien, de la rue ou littéraire, aussi.
Certes le Maroc a tardé à reconnaître à sa langue, langue maternelle de la majorité des Marocains et principale langue véhiculaire entre Marocains dont ce n’est pas la langue maternelle, la capacité à véhiculer la modernité. Dominique Caubet relève qu’«il a fallu attendre 2002, pour que “TelQuel” titre à la une “Darija, langue nationale”». Le terme de maghribiya, pour désigner la darija marocaine, ne s’est imposé qu’il y a un an, dans les mouvements proches de la nouvelle scène. Et surtout, insiste-t-elle : «C’est la société civile qui a imposé cette reconnaissance, rien ne vient des institutions. Mais elle n’a pour l’instant aucun statut ni aucune reconnaissance officielle». Ni comme langue officielle, ni non plus en tant que langue nationale.
Image Mais l’essentiel, c’est que cette diversité linguistique ait été réappropriée. Ce qui se passe aujourd’hui, c’est que les langues en présence coexistent de façon plus pacifique qu’autrefois. Certes, c’est sans doute un statu quo non définitif. Mais ce qui se dégage, c’est le refus d’un modèle jacobin, celui de l’arabisation qui voudrait imposer une langue au détriment des autres. Pour Simon Lévy, il est inconcevable «de remplacer une langue par une autre. Notre vrai système, c’est l’arabe classique, le français et l’arabe dialectal. Ça fait trois pôles. Plus le tamazight pour ceux qui l’ont, mais il est en concurrence avec plus fort que lui. L’enseignement se fera toujours en arabe classique. Chaque langue a son utilité, son domaine : pour l’arabe classique, l’administration et la religion, pour le reste, ce qui est parlé».
Il s’avère donc impossible de prendre pour modèle ce qui s’est passé en Occident à la Renaissance où les langues vernaculaires ont été adoptées comme langues officielles, donc référent juridique, au détriment de la langue savante, en l’occurrence le latin. L’argument religieux (arabe classique langue du Coran) est le plus communément avancé.
Aujourd’hui, le mouvement urbain rend visible une certaine forme de darija, caractéristique de l’évolution de la société marocaine. Dominique Caubet soulignait, dans l’introduction à sa thèse d’Etat, “L’Arabe marocain” (1993), «l’accroissement de la population, le développement des villes et l’exode rural, la diffusion des média (radio, télévision, journaux), l’accession au système scolaire et universitaire, le contact constant avec l’espagnol, le français et l’arabe classique ; l’arabe marocain n’est plus aujourd’hui ce qu’il était il y a ne serait-ce que 50 ans». Jusque dans les années 1950, «un fort morcellement de la société marocaine dont l’unité de base était la tribu, a donné naissance à une pratique des dialectologues qui consistait à décrire des parlers attachés à une tribu particulière, à un groupe de villages, à un quartier d’une ville, en postulant une homogénéité maximum». Ce n’est plus possible, car les gens circulent beaucoup plus, et la langue s’est unifiée, au détriment des vieux parlers, notamment les parlers citadins de Fès, de Rabat, de Salé, de Tétouan… «La koïnè en formation aujourd’hui se caractériserait plutôt comme un dialecte de citadins de fraîche date d’origine rurale». Selon Simon Lévy, c’est la langue urbaine de Casablanca qui s’est imposée à l’ensemble des Marocains, “sauf aux vieux”. Pour Dominique Caubet, ça serait «un parler du Nord (Rabat, Casablanca, Meknès, Fès), différent du parler des vieilles cités, un parler urbain, lancé par des gens instruits». Le parler jeune n’en serait qu’une petite partie. Certes, souligne Dominique Caubet, si les gens cherchent à gommer leurs particularismes régionaux, «ils ont souvent les deux registres : le parler local qui soude les membres de la famille, et un parler plus commun».

Patrimoine en danger
Si la langue s’unifie, le danger est de perdre un patrimoine. D’autant que, même si on a toujours noté par écrit la darija (en des caractères arabes, hébraïques et latins), l’essentiel de la transmission de la culture populaire dans cette langue s’est faite oralement. Les parlers citadins disposaient d’un vocabulaire riche et sophistiqué. La langue des artisans était reconnue pour sa richesse. Les textes anciens, même s’ils ont été consignés par écrit, sont les témoignages d’un état de langue qui n’est plus usité. Le Dictionnaire Colin d’Arabe Dialectal Marocain*, publié de 1993 à 1996, sous la direction de Zakia Iraqui Sinaceur, a mis vingt ans à être édité, à partir du fichier constitué de 1921 à 1977 par Georges Colin. 60 000 fiches au total, une vraie photographie de la civilisation marocaine du XXème siècle, qui en fait miroiter la richesse, à travers les mots, les expressions, les proverbes, l’art culinaire, la musique, les rites, les métiers, les pratiques religieuses, les noms de plantes et d’animaux, la magie, la médecine… Et encore, explique Zakia Iraqui Sinaceur : «Colin voulait normaliser la darija. Son fichier s’intéresse à une koïnè marocaine, une langue commune à Fès, Marrakech, Rabat et Tanger. Il écartait les termes trop régionaux», l’argot, les emprunts trop récents au français, les termes rares… Ainsi, nombre d’idiomatismes, de métaphores et d’images n’ont pas survécu aux mutations de la société marocaine.
ImagePour lutter contre cette perte, qui aboutirait à un appauvrissement irréversible de la darija mais aussi à un sentiment de manque identitaire, son corrolaire logique, l’association Amapatril (Association Marocaine du PATRImoine Linguistique) a été fondée à l’Université Mohammed V de Rabat, pour œuvrer à la conservation du patrimoine linguistique et culturel : elle a déjà recueilli dans sa base de données plus de 15 000 proverbes. Elle travaille également sur les technolectes, c’est-à-dire, explique Dominique Caubet, «le vocabulaire technique affectant aussi bien les techniques traditionnelles que la technologie la plus moderne (mécanique, auto, code de la route), la médecine, la vie politique et administrative, et aujourd’hui les nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC)». Il existe aussi des groupes de recherche sur les contes.
L’urgence aujourd’hui est donc d’inclure ce qui constitue notre patrimoine en darija dans l’enseignement, afin de le préserver et de transmettre les valeurs qu’il véhicule. Ce qui revient, selon Kacem Basfao, professeur à la Faculté des Lettres de Aïn Chok à Casablanca, à «dépasser un faux clivage entre une culture savante qui ne s’exprimerait qu’en arabe classique, et une culture populaire en darija». Notre système d’enseignement doit être repensé pour refléter ce phénomène de réappropriation de toutes les composantes de notre identité. A quand une chaire de marocain dans les universités ? A quand des textes de malhoun à l’école ? A quand un enseignement qui fera place à la darija comme lien pédagogique entre la maison et l’école et se servira des similitudes qu’elle présente avec l’arabe classique pour enseigner cette dernière aux enfants, sans dénigrer leur langue maternelle ? A quand, enfin et surtout, un système d’enseignement où, dans le public comme dans le privé, les Marocains auront le même accès à cette pluralité de langues qui les constituent et leur ouvrent les portes de l’avenir ?
Quand nous voyons à quel point ce phénomène de réappropriation des langues est dynamique et libère les énergies créatrices et à quel point les jeunes revendiquent avec fierté leurs langues, nous avons tout à y gagner.
Par Amélie Amilhau,
Jamal Boushaba,
Hicham Houdaïfa
& Kenza Sefrioui
* Ce dictionnaire constitue la source principale, en dehors des témoignages, de la rubrique hebdomadaire «L’Essence des mots»
 
Source : lejournal-hebdo.com
par Achraf AHMINI publié dans : Culture & Patrimoine
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Vendredi 25 mai 2007
Le mot appartient à la même racine que le verbe drej dont le sens premier est s’avancer péniblement, progressivement, pas à pas, par étapes, cheminer à pas mesurés, passer tranquillement.
Drej triqo, il s’en est allé faire un tour. Drej ! File d’ici ! Ouach maderjetchi qoddamek Yasmine ? Tu n’as pas vu Yasmine passer devant toi ? Makatekhrej ou makatedrej ! Elle ne sort jamais de chez elle ! Drej veut dire aussi marcher harmonieusement, avec coquetterie et même en se dandinant comme un pigeon ; danser en se trémoussant sur place ; marcher à pas menus mais vite, c’est à dire, pour une bête de somme, bien marcher ; ou encore tournoyer sur soi-même comme une toupie, tournailler partout quand on est turbulent, ou, plus paisiblement, aller faire un petit tour pour se dégourdir les jambes.
A la forme composée, derrej, c’est faire avancer progressivement, un à un, ou en faisant rouler sur le sol, pousser un élève ou un pion au jeu de dames, faire défiler un par un, distribuer,  faire circuler (du thé ou des gâteaux) de proche en proche. A Marrakech, moins paisiblement, le siyyaf derrej lflan raso, le bourreau a fait rouler la tête du condamné sur le sol, la lui a tranchée. C’est aussi ranger bien en ordre, en disposant les objets côte à côte. Derrej, c’est encore débiter rapidement un texte. Derrej loraq, c’est feuilleter les pages d’un livre. Derrej, c’est compter soigneusement les billets d’une liasse. Derrej le7sab, c’est refaire le compte pour vérifier le total. Quitte à se plaindre : derrejni fel7sab f3achra derryal, il m’a roulé de dix ryals en comptant ! Plus récemment, quand on dit "  derrej a khouya ! ", c’est inviter son interlocuteur à être clair, ou même à parler en darija.
En architecture, derj désigne une moulure saillante qui donne en coupe un angle droit. Draj menchar, ce sont les zigzag. Derj ou ktef, c’est un entrelacs d’angles droits et de quarts de cercle. En musique, derj est la cinquième phase rythmique d’une nouba à quatre temps. Et derj delklam, c’est une cheville dans le discours, un élément qui n’est pas nécessaire mais qui revient souvent, sur lequel on prend appui.
Derja, c’est l’encoche mais surtout une marche d’escalier ou un barreau d’échelle grâce auquel on s’élève derja bderja, progressivement, ou bettedrij, graduellement. Droj, ce sont les escaliers, ou une série d’encoches disposées verticalement. Derja, c’est aussi une courte promenade ou encore l’allure harmonieuse d’une monture au pas.
Daraja, c’est le rang, la dignité qu’on obtient auprès d’un haut personnage, ou qu’un saint obtient auprès de Dieu. Drek daraja 3alya, il a obtenu des fonctions élevées. Llah i3alli darajtek ! Que Dieu élève ton rang ! L-akher daraja veut dire au dernier degré.
Derraja était à Marrakech une toute petite écuelle de terre cuite dans laquelle tourne l’extrémité de l’axe du fuseau. Les femmes l’utilisaient en récupérant les petites coupelles de fard rouge.
Les données ci-dessus sont tirées du Dictionnaire Colin d’Arabe Dialectal Marocain, sous la direction de Zakia Iraqui Sinaceur, ed. Al Manahil, 1993.
 
Source : lejournal-hebdo.com
par Achraf AHMINI publié dans : Culture & Patrimoine
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Samedi 19 mai 2007

Un Conseil de gouvernement aux allures de bilan ce jeudi 17 mai et qui préfigure, déjà, d'une fin de mandat pour l'Exécutif de Jettou aux commandes depuis 2002. A quatre mois des élections législatives, l'équipe gouvernementale est déjà dans l'exercice du pré-bilan, annonciateur d'une campagne électorale qui ne manquera pas de susciter l'attention de l'opinion publique.

Ce jeudi, en conseil, c'est le ministre de l'Agriculture d'abord qui fera un premier bilan de la campagne agricole pour la saison 2007. La production céréalière a ainsi atteint 20,5 millions de quintaux, soit une baisse de 77% par rapport à la saison précédente. Le département aux destinées duquel préside Mohand Laenser a également enregistré une augmentation de 5% des primeurs et de 14% pour les agrumes. La politique d'aide aux agriculteurs pour affronter l'impact de la sécheresse sera renforcée. De manière générale, affirmera le ministre, et malgré les effets de sécheresse, la valeur ajoutée du secteur de l'agriculture garde des proportions acceptables.

Adil Douiri, le ministre du Tourisme et de l'Artisanat, passera à son tour à la barre pour plaider sa cause de 10 millions de touristes à l'horizon 2010. Les projets vont dans ce sens bon train. 214.000 lits sont en préparation pour accueillir la barre fatidique des 10 millions de visiteurs. Douiri qui faisait le bilan des assises du tourisme tenues à Fès en avril dernier, est amateur de bons chiffres. Le secteur du tourisme va représenter 9% du PIB, a-t-il annoncé à ses pairs tout en appelant à une activation plus soutenue des chantiers ouverts en matière de tourisme intérieur, du programme Azur et autre Biladi.

Cette année, dira fièrement A. Douiri, 6,5 millions de touristes ont visité le Maroc soit une hausse de 12% par rapport à 2005 alors que les entrées en la matière se sont élevées à 53 milliards de dh, soit une augmentation de 6 milliards de dollars. Les points noirs de notre tourisme à nous, notamment la cherté de l'aérien et la capacité hôtelière pointés lors des assises nationales précédentes sont à l'évidence traités. Ce qui est pour rassurer le ministre qui a fait le pari des 10 millions de touristes. A n'importe quel prix?

Tanger-Med et son extension qui sera fin prêt en 2012 était également au menu du conseil de gouvernement. Karim Ghellab informera ses collègues de l'avancement des travaux de ce port méditerranéen qui accueillera son tout premier bateau et container en juillet prochain. Les infrastructures routières et ferroviaires accompagnant ce complexe portuaire suivent leur cours tandis que le second port acueillera quant à lui, 5 millions d'unités et son coût s'élève à 14 milliards de dh. Le ministre du Transport et de l'Equipement l'affirme haut et fort : avec sa capacité d'accueil de 8,5 millions d'unités, ce complexe portuaire est le plus grand de l'espace méditerranéen et de l'Océan Atlantique. Autant dire que sa construction appartient presque aux travaux d'Hercule.

Lors de son point de presse hebdomadaire donné au sortir du conseil de gouvernement, le porte-parole de l'Exécutif, Nabil Benabdallah, apprendra aux journalistes, au détour d'une question posée, que «le Maroc est disposé à entamer des négociations directes au sujet de l'autonomie du Sahara quand et où le décidera le secrétaire général des Nations unies». Dès lors les visites préalables entamées dans la région par le représentant personnel du SG de l'ONU semblent presque caduques

Source : Libération  Par : Narjis Rerhaye

par Achraf AHMINI publié dans : Politique & Economie du Tourisme
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Jeudi 17 mai 2007

L'édition 2007 du festival Tanjazz a démarré, mercredi soir, pour une semaine de spectacles variés où le Jazz sera décliné dans tous ses états, avec en tête d'affiche le célèbre Manu Dibango qui compte 30 ans de scène et la toute nouvelle révélation du top 50 américain Robin Mckelle.


Le ton a été donné à cette édition, mercredi soir, par les rythmes chauds et valsant d'Amérique latine avec le groupe cubain Son Iya. Guitares, tambours et saxo ont livré des mélodies d'entrains qui reconstituent l'ambiance des ''bodeguitas de la habana''.
S'est également produit dans la même soirée le groupe ''Big Band Brass'' avec un jazz nostalgie des années 60 par lequel un hommage a été rendu à Frank Sinatra.

La bête de scène Manu Dibango, fera l'événement de cette édition, avec un spectacle samedi prochain. Agé de 70 ans et comptant plus de 30 ans de carrière, le virtuose du saxo fera le bonheur des amateurs de Jazz les plus exigeants.
Dibango se produira avec le groupe ''Maraboutik Big Band'', qui excelle dans les rythmes Gospel et acid-Jazz.
Est également très attendu, la toute récente révélation du Jazz, Robin Mackelle. L'artiste hors paire, connu pour un jazz dynamique au goût du temps, jouera au public de cette édition des partitions et chansons de son dernier album qui cartonne actuellement dans le top 50 des meilleures ventes aux Etats-Unis.

A l'affiche de l'édition 2007 de Tanjazz, plusieurs groupes venus d'Europe et d'Amérique, notamment ''The Black Label Swingtet'', ''Liz Newton Jazzbird'', ''Nicola Sabato Trio'', ''Jackson and Friends'', ''Heavy fngers'' et ''Big Band Brass''. Autant de spectacles pour décliner un Jazz dans tous ses états : heavy, funk, Soul et Swing.
Figure également au menu, des ''Jam Session'' pour un Jazz libre et d'improvisation fait selon l'ambiance et l'inspiration du moment.

Seul regret pour cette édition 2007, le Tanjazz est passé des spectacles grand public en plein air dans les jardins de la mandoubia à des spectacles restreints dans des espaces luxueux réservés plutôt à une clientèle argentée.
Seule consolation pour le public tangérois, des spectacles sur une scène dressée place Al-Massira avec des groupes locaux tels Gnawa Storm, Darga et des lauréats de ''Studio 2M''.

Source : MAP

par Achraf AHMINI publié dans : National
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Jeudi 17 mai 2007

Qu'ils rêvent de fuir le tumulte ou souhaitent prendre le temps de souffler, de partir se diluer dans la vapeur parfumée d'un Spa délicieux,

de se faire dorer sur des plages au sable fin, de respirer à plein poumon l'air pur des kroumirs tout en veillant aux rythmes de ses festivals, les algériens, nos voisins de toujours, répondent sans hésitation à l'appel de la destination Tunisie.

Ils viennent, en famille et en couple, savourer des mets gorgés de traditions et chérir leurs enfants dans les infrastructures de loisirs. Ils ont été près d'un million, l'année dernière, venus exprimer leur vrai nature : romantique, intrépide, audacieux, adepte du farnienté, nostalgique, accro de nature ou bien tout à la fois, nos voisins algériens sont venus concrétiser leurs rêves les plus insoupçonnés en Tunisie. Comment faire pour les fidéliser?

La destination Tunisie a indéniablement gagnée le coeur des touristes algériens qui, depuis des années, la préfèrent au Maroc pour y passer leurs vacances. En effet, les Algériens sont manifestement tombés sous le charme des plages et des complexes touristiques tunisiens, puisque le nombre de touristes algériens qui préfèrent passer leurs vacances en Tunisie ne cesse d'augmenter, passant de 811.000 estivants en 2003 à 914.000 en 2004 et 930.000 en 2005. En 2006, sur 1,6 millions d'algériens qui se sont rendus à l'étranger, 57% d'entre eux ont choisi la Tunisie. C'est une croissance à deux chiffres enregistrée à fin 2006, soit +1,6% par rapport à l'année 2005. L'impact de 945.318 entrées s'est traduit par une évolution de 13% au niveau des nuitées des algériens et de +15% des recettes.

En effet, l'année dernière, le nombre de touristes algériens a pulvérisé tous les record avec 945.318 visiteurs. L'offre attractive, les prestations de services et les traditions touristiques de la Tunisie, sont autant d'atouts qui attirent chaque année des milliers d'algériens en quête d'espaces de farniente et de villégiature à des prix abordables.

Les algériens se rendent en Tunisie individuellement ou en famille (composée de six personnes en moyenne et dont les dépenses sont estimées entre 2000 et 2500 euros). La durée de séjour moyen est de 10 à 15 jours. Fait nouveau : de plus en plus de jeunes couples choisissent de passer leur voyage de noces en Tunisie. Nabeul, Hammamet et Sousse sont en passe de devenir les villes de prédilection des tourtereaux algériens. Mais la particularité avec les touristes algériens réside dans leur régularité. Les touristes algériens, réputés être assez dépensiers, participent surtout à faire tourner la machine touristique tunisienne. Si l'on supposait qu'un touriste algérien dépense au moins 200 euros lors de son séjour, la Tunisie aurait remporté, en 2006, plus de 200 millions d'euros!

Les destinations les plus prisées après la Tunisie sont la France (396 692), l'Espagne (80 499), la Turquie (40 714), la Libye (34 988 voyageurs) et l'Egypte (10 335 voyageurs).

La 9e édition du Salon international du tourisme et des voyages, qui se tiendra au Palais des Expositions des Pins Maritimes à Alger du 20 au 24 Mai 2007, offre aux professionnels tunisiens non seulement l'occasion d'augmenter la production sur ce marché de voisinage mais aussi de mieux structurer la demande. Car il ne faut pas être obnubilé par cette embellie sur le marché algérien et se contenter de la manne qui s'offre à nous d'une façon spontanée, car des efforts sont déployés pour donner au tourisme la place qui lui sied dans l'économie nationale algérienne et pour récupérer au moins deux millions de touristes nationaux sur le marché local.

En effet, la construction d'une destination touristique par l'Algérie est vécue comme une sorte de priorité aujourd'hui pour la satisfaction des besoins nationaux, la contribution à la création et à la consolidation des richesses et l'appui au développement local. L'Algérie est en train de créer les conditions d'une politique de visibilité par rapport aux investisseurs et exploitants touristiques, de mettre en relief la qualité et la conformité des projets et prestations, et de les ajuster aux standards internationaux.

Les différents segments par lesquels le développement du tourisme peut être envisagé en Algérie, vont vers le tourisme d'affaires, le tourisme saharien, balnéaire et nautique, le tourisme thermal, le tourisme culturel et cultuel, le tourisme rural et le tourisme sportif. Le tourisme balnéaire, -qui est notre fer de lance sur ce marché- profite d'une attention particulière et a vu l'ouverture de 311 plages en 2006, sur un potentiel existant de 493 plages.

L'objectif est de procéder à l'aménagement de ces plages en sensibilisant d'abord les collectivités locales et en les mettant devant leurs responsabilités.

On utilise à cette fin les services de 23 .000 personnes et 285 millions de DA ont été débloqués en 2006 pour financer cette tâche.

On évalue d'ailleurs le nombre de projets en cours, à 353 projets, pour une enveloppe équivalant à 61 milliards de DA, visant la création de 15.000 emplois. Ces projets, qui connaissant une avancée des travaux située à 62%, fourniront 30.000 lits supplémentaires au parc hôtelier algérien. Il s'agit de projets de grande envergure, note l'orateur, qu'il situe à Alger, Constantine, Annaba

Mais si nous voulons faire de ce marché une véritable locomotive du développement du marché maghrébin, il est temps de déployer les moyens nécessaires pour gagner ce pari. Il faudrait d'abord s'atteler à l'amélioration de l'accueil de ces touristes dont 88% arrivent par voie terrestre. Au sein des hôtels, nous devons les traiter avec tous les égards, car il ne faut pas oublier que les algériens sont forcément plus sensibles à la qualité de l'accueil après de longs parcours de route et de longues files d'attente aux frontières où il n'y a encore aucune infrastructure d'accueil pour les touristes.

Et comme la majorité des arrivées, les algériens se situent généralement pendant la haute saison(soit du 15 juillet au 15 septembre) et que près de 45% des touristes algériens ont pris d'assaut les hôtels tunisiens pendant cette période, il est temps de penser à proposer des packages adaptés au calendrier des vacances scolaires et des jours fériés algériens. D'ailleurs, la centrale de réservation pour les tunisiens devrait être conçue comme plate-forme de tourisme maghrébin afin d'encourager les touristes algériens, libyens et marocains à profiter des avantages de la réservation à l'avance, et de la garantie au niveau des services.

Les prévisions pour 2007, tablent sur une croissance de 5% au niveau des arrivées et une croissance de 15% sur le plan des nuitées . De ce fait, le Salon international du tourisme et des voyages mérite sûrement le voyage pour mieux bâtir en avant-première de la saison été 2007, son propre cheminement à travers une fructueuse collaboration avec les agences de voyages algériennes, ainsi que pour gagner davantage le coeur des touristes algériens.


Source : Lapresse.tn Par : Chokri Ben Nessir

par Achraf AHMINI publié dans : Marrakech
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