La Commission européenne a donné son aval, vendredi, à la création d'un nouveau géant du tourisme, issu de la fusion entre le britannique MyTravel et son concurrent allemand Thomas Cook, estimant que ce mariage préserve la concurrence en Europe.
Le 12 février, les deux voyagistes avaient annoncé la création de Thomas Cook PLC, un groupe basé et coté à Londres. Présenté comme une fusion entre égaux, le mariage est de facto une acquisition du numéro trois européen MyTravel par le groupe allemand, numéro deux sur le Vieux continent.
Thomas Cook avait lui même été racheté peu avant par le groupe de grands magasins KarstadtQuelle, dont l'ambition est de se recentrer sur le tourisme, jugé plus porteur que la grande distribution.
L'opération doit encore être approuvée par les actionnaires de MyTravel, lequel prévoit une finalisation de l'opération le 19 juin.
Par son feu vert, Bruxelles ouvre la voie à un groupe qui emploiera 33.000 salariés dans le monde et enverra chaque année plus de 19 millions de passagers en vacances. Il gèrera par ailleurs 2.900 bureaux dans le monde et une flotte de 97 avions.
Avec un chiffre d'affaires annuel de près de 12 milliards d'euros, le nouveau groupe s'imposera comme le numéro deux incontesté du voyage en Europe, derrière l'allemand TUI, mais loin devant l'autre allemand Rewe.
C'est sur les marchés irlandais et britannique des vacances à forfait que la concentration risquait de générer le plus de problèmes, craignait la Commission.
En effet, quatre grands voyagistes y sont présents actuellement: Thomas Cook, MyTravel, TUI et First Choice. Une fusion entre les deux premiers fera donc passer le nombre d'acteurs de quatre à trois.
Mais à l'issue de son enquête, la Commission a considéré que l'opération "ne risquait pas de nuire aux consommateurs britanniques et irlandais qui continueront à avoir accès aux circuits à forfait à des prix concurrentiels".
La Commission reconnaît avoir révisé sa copie depuis 1999, date à laquelle elle avait opposé son veto au rachat de First Choice par Airtours car elle redoutait une hausse des prix sur le marché des voyages à forfait.
En juin 2002, la justice européenne avait annulé ce veto, jugeant la décision de la Commission bourrée d'erreurs.
"L'industrie a profondément changé depuis", reconnaît la Commission. Le développement d'internet notamment "a permis aux consommateurs d'accéder à un large éventail de sites de voyages" et dorénavant, "ils peuvent effectuer plus de choix grâce aux moteurs de recherche et aux sites web de comparaison des prix".
Parallèlement, relève-t-elle, "l'expansion des compagnies aériennes à bas prix a ouvert la voie à de nombreuses nouvelles destinations de vacances et a encouragé les voyages autogérés".
Si ce feu vert est une bénédiction pour Thomas Cook, il constitue en revanche un vrai sujet d'inquiétude pour l'allemand TUI et le britannique First Choice, qui eux aussi ont annoncé un projet de fusion.
Leur dossier est actuellement à l'étude à Bruxelles, mais dorénavant, avec un acteur en moins, la Commission pourrait estimer que le marché est trop concentré et qu'il faut interdire la fusion.
Vendredi matin, les deux voyagistes ont d'ailleurs annoncé qu'ils avaient proposé de céder des actifs en Irlande, afin de faire passer la pilule et de décrocher l'aval de la Commission. Verdict le 4 juin.
Source : AFP