«Un sérieux problème pour le développement du tourisme local, car on le sait : le meilleur déchet, c’est celui qui n’existe pas. Trier, c’est bien. Jeter moins, c’est encore mieux ! Moins de déchets, c’est moins de gaspillage, moins de pollution, moins d’argent consacré à ces questions.
La ville thermale de Sidi-Bouhanifia-les-Bains, ne conjugue malheureusement plus le verbe trier au présent. Ordures ménagères, gravats, cartons d’emballage, bouteilles en plastique ou en verre vides, gobelets, pneus, et autres objets flottants non identifiés font parties désormais du paysage de l’oued qui traverse la ville. Une liste d’ingrédients des déchets putrescibles et imputrescibles dans une sorte de gamme d’activités guidées ou des explications lexicales sont loin de faire une approche citoyenne, car ces questions ne sont pas dans l’éducation citoyenne. A Sidi-Bouhanifia-les-Bains particulièrement, le combat contre la saleté suppose une transformation radicale des mentalités car l’insalubrité a été érigée en règle dans ce haut lieu du tourisme. Les déchets plastiques et les eaux usées font partie du décor au niveau du lit de l’oued Bouhanifia. En des endroits, y compris au centre de cette ville thermale, l’odeur est nauséabonde, si bien que la plupart des touristes nationaux, profondément dégoûtés, ne reviennent plus.
«Sidi Bouhanifia que nous avons connu dans les années soixante-dix n’est plus la même. Beaucoup de choses ont changé, et dans le mauvais sens malheureusement, notamment la salubrité publique qui pose problème», s’indigne un couple d’un certain âge rencontré à la terrasse du café de l’oued Bouhanifia.
Au-delà de l’assainissement, l’entretien et l’amélioration urbains posent problème, vu que les images qui nous parviennent de l’oued Bouhanifia ne semblent pas déranger les concernés en premier lieu à Sidi-Bouhanifia. A ce niveau, si rien n’est fait, la ville des eaux perdra tout son charme. Biodégradables, inertes ou toxiques, tous les déchets qui se sont déposés ou ont été déposés et les déchets ménagers toxiques ainsi que les résidus de substances potentiellement nocives sont lâchés à partir des canalisations des eaux usées, qui, pour la plupart, se déversent dans l’oued.
L’eau saumâtre qui baigne langoureusement le long de l’oued Bouhanifia, visible à l’œil nu, est devenue la curiosité de tous les passants qui foulent les deux ponts de la ville. Le problème des déchets doit être traité globalement. La ville de Sidi-Bouhanifia, à l’instar des autres villes, est en danger réel. L’exemple flagrant de la ville des thermes Sidi-Bouhanifia, et d’autres zones sur le territoire de la wilaya connaissent le même sort, exige une prise en charge urgente.
Les décharges sauvages tout au long de l’oued, qui polluent et enlaidissent le paysage ainsi que les mauvaises odeurs des urines provenant des toilettes à ciel ouvert sans compter les excréments humains qui pourrissent à l’air libre, côtoient indéniablement un site d’activité touristique proche, où les enfants, des jeunes et des moins jeunes et autres foules de touristes observent avec fatalité la dérive de la chose publique. Le défi immédiat est de mettre chacun devant ses responsabilités y compris les citoyens et autres glaneurs qui jettent leurs ordures partout. Certains, soit par négligence ou inconscience, laissent derrière eux des objets encombrants : piles, médicaments, produits dangereux, déchets d’équipement électrique et électronique…
Dans un autre contexte, mais toujours concernant l’hygiène, le tourisme est devenu, après la décennie noire, un pilier de l’économie locale, ce qui fait que chaque famille se sent directement concernée par l’activité touristique. Les hôteliers sont les premiers concernés dont plus d’une cinquantaine d’établissements subissent une concurrence d’une manière inéquitable, plus connu sous le jargon commercial «concurrence déloyale».
Les prix pratiqués pendant la grande saison et la basse saison sont exorbitants, vu l’hygiène des lieux et l’état des chambres qui laissent à désirer. Le visiteur averti ne peut donc qu’être surpris par la floraison de ces hôtels business. Pour les restaurants sans étoiles qui pullulent, dans ces lieux, contrairement à leur dénomination, le menu est très limité avec des additions et soustractions où il est préférable avant de passer à table de bien ausculter les lieux.
Source : La nouvelle république (Quotidien Algérien d'information) Par : Sidi Bouhanifia
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